Une quinzaine de syndicats enseignants appelait hier les professeurs des collèges et des lycées à faire grève et manifester contre un projet de décret allongeant le temps de travail de certains d'entre eux. Décret que Gilles de Robien doit signer fin janvier, et qui redéfinit leurs « obligations de service ».
Cette grève aurait été suivie sur le plan national par près de 40 % des enseignants des lycées d'enseignement général et technologique, 24 % des enseignants des lycées professionnels et près de 36 % des enseignants des collèges (chiffres Education nationale) alors que le Syndicat national des enseignants du second degré (SNES-FSU, principal syndicat du second degré) estime la participation à 55 %.
Sur le plan départemental, le pointage effectué en début d'après midi par l'Inspection académique donnait une participation moyenne de 35,28 % (35,9 % dans les collèges, 46,67 % dans les lycées et 26,39 % dans les lycées professionnels). Le SNES estimant, lui, le taux de participation à 55 % dans les lycées et à 40 % dans les collèges.
Une mobilisation assez inégale selon les secteurs : 70 % au collège Albert-Camus à Auxerre, 65 % au collège de Toucy, 64 % au lycée de Joigny, 58 % au lycée Fourier ou encore 32 % au lycée de Toucy, et 28 % au collège Denfert à Auxerre. Les enseignants ont répondu en plus grand nombre que lors de la précédente mobilisation, le 28 septembre dernier contre les 8 500 suppressions de postes prévues au budget 2 007
Décharges remises en cause
Le décret dans le collimateur des enseignants vise à « économiser » 2 800 postes en limitant le nombre de personnes bénéficiant d'une à trois heures de cours en moins. Des « décharges horaires » consenties, en vertu d'un décret de 1950, au titre d'un surplus de travail. (C'est par exemple le cas pour les enseignants de classes de première et de terminale confrontés à un gros volume de copies à corriger, ou encore pour les enseignants organisant des activités sportives dans le cadre de l'UNSS).
Le texte ministériel limite le nombre de ces « décharges », lorsqu'il les estime liées à des situations périmées.
Il en crée en revanche de nouvelles, par exemple pour les enseignants prenant en charge les technologies de l'information et de la communication ou pour la coordination de stages des élèves en entreprises. Les enseignants critiquent également le fait que ce nouveau texte instaure un principe de bivalence selon lequel ils pourraient être amenés à enseigner dans deux matières. Ce qui accroîtrait leur risque de se voir affectés sur deux voire trois établissements.
Hier, les grévistes ont organisé des assemblées générales dans les établissements, et une assemblée départementale à Auxerre avant de rejoindre les professeurs d'éducation physique et de mettre le cap sur l'Inspection académique. La FSU, a pour sa part prévu une nouvelle action le 20 janvier prochain, sauf si d'ici là le ministre venait à faire machine arrière.