LE revenu des agriculteurs français devrait fortement progresser en 2006 (+15%), après une année de « vaches maigres », grâce principalement à la hausse des prix agricoles sur le marché mondial.
Le revenu agricole moyen par actif en France a augmenté de 15 % (hors inflation) en 2006, grâce à une hausse des prix sauf dans la viticulture, après une baisse de 6,5 % en 2005, selon les comptes prévisionnels de l'agriculture publiés hier par l'Insee.
Cette hausse « s'explique essentiellement par des évolutions favorables des prix malgré un recul quasi général des volumes produits », explique le ministère de l'Agriculture dans sa publication « Agreste Primeur ».
La chute
depuis 1998
Mais pour la FNSEA, principal syndicat agricole, et les Jeunes Agriculteurs, « il ne faudrait pas que l'année 2006, l'arbre qui cache la forêt, fasse oublier une réalité vécue depuis des années par le monde agricole, caractérisée par des revenus aléatoires et un manque de lisibilité chronique ».
Pour la Coordination rurale, un syndicat minoritaire, « ces prévisions fragiles ne peuvent pas faire oublier la baisse réelle de plus de 20 % du revenu agricole depuis 1998 ».
En 2006, la valeur de la production agricole, hors subventions, s'est accrue de 3,4 %, soit une hausse de 1,87 milliard d'euros pour atteindre 57,8 milliards.
Le seul secteur très sinistré est la viticulture. Le recul des revenus y atteint 10 % pour les vins d'appellation d'origine et même 34 % pour les autres vins, reflétant ainsi l'ampleur de la crise du secteur, après déjà une mauvaise année 2005.
Par contre, après deux années de baisse marquée, le revenu des exploitations spécialisées en céréales, oléagineux et protéagineux augmenterait de 35 %, grâce à la hausse des prix mondiaux.
Comparable à 1990
A cause de la chaleur et la sécheresse de juin et juillet, les récoltes de céréales ont diminué cette année. Mais la demande mondiale a fait s'envoler les prix : +21 % pour les céréales (+25% pour le blé tendre) et +15 % pour les oléagineux.
Autre élément favorable : les coûts de production sont stables car la baisse des volumes d'achat d'engrais et de produits phytosanitaires compense l'augmentation des produits pétroliers.
En 2006, le revenu de l'ensemble des exploitations « de grandes cultures » se rapproche ainsi de son niveau des années 90, souligne le ministère. Pour les exploitations fruitières, le revenu 2006 progresserait de 34 %, et celui des maraîchers et horticulteurs de 18 %.
Les éleveurs
de bovins continuent
Le revenu des différentes catégories d'éleveurs bovins progresserait pour la deuxième année consécutive. La hausse de 2006 s'établirait à 10 % pour les exploitations spécialisées dans la viande et à 8 % pour celles spécialisées en élevage laitier. L'aide directe reçue de Bruxelles compense la baisse de prix à la production pour le lait.
Le revenu de l'ensemble des élevages hors sol augmenterait de 12 % en 2006. Mais cette moyenne recouvre une situation favorable pour les éleveurs porcins, alors que les aviculteurs sont pénalisés.
On peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres ! La population agricole souffre. Trop souvent critiquée pour les aides dont elle bénéficie la profession préfèrerait vivre du fruit de son travail. Difficile et ce sera de plus en plus difficile. Je soutiens une agriculture raisonnée et rémunératrice. Dans quelques semaines, j'organiserai une rencontre avec les agriculteurs de la circonscription pour évoquer avec eux l'avenir de l'agriculture.