Sur una nuage. François Bayrou se déplaçait hier dans le Loiret. À la descente du train, le candidat centriste est resté collé aux micros et caméras, beaucoup plus nombreux qu'à l'accoutumée. Malgré le vent glacé, le « troisième homme » de la campagne, il en est sûr, a commenté longuement l'affaire du jour, « l'affaire Rebelle ».
Pour le président de l'UDF, c'est de l'or. Ses yeux brillent : il est convaincu, sondages à l'appui, que la campagne se met enfin à son diapason. Cette note des RG ?Du Sarkozy tout cru, selon Bayrou : « Ils veulent tenir les gens par des fiches. C'est cela leur nature », lâche-t-il.
Cela montre que les moyens de l'État sont utilisés pour faire du chantage. C'est pour cela que j'ai voté la censure du gouvernement au moment de l'affaire Clearstream. » « Profitez-en bien, parce que dans 103 jours, les abus seront finis ! », lance-t-il sur le quai, avant d'aller déjeuner avec la presse, puis de se rendre dans une maison de retraite pour évoquer les problèmes e la santé en milieu rural.
Il voit une autre illustration des « procédés » de Nicolas Sarkozy dans l'annonce, faite hier, qu'un certain nombre d'élus des Hauts de- Seine – département dont Nicolas Sarkozy est le président – pourraient prochainement faire allégeance au candidat de l'UMP. « L'idée de toutes ces man½uvres, c'est que tout se contrôle et tout s'achète. Mais ça n'a pas d'importance, ce ne sont que des isolats », dit-il à propos des amis d'André Santini, qui sont, « sous influence » dans ce département.
"Plus gaulliste que Sarkozy"
« Sarkozy croit que la France, ce sont les Hauts-de-Seine », affirme Bayrou, ajoutant : « Les m½urs des Hauts-de-Seine, de Monsieur Balkany, qui est du premier cercle de Monsieur Sarkozy, c'est pour moi depuis longtemps tout ce que la République ne devrait pas être. »
C'est bien l'accroche du jour : « Si je suis élu président, je vous promets une révolution. Je vous promets une République honnête, dans laquelle il n'y aura pas de réseaux, pas de mafias, pas d'influences souterraines. » Une « République honnête », fondée sur « la vertu », celle qui existe dans les livres. Bayrou cite Montesquieu, et affirme qu'elle est possible « demain ».
Il la défend en fin de journée, devant quelques centaines de sympathisants, dans une salle du zénith d'Orléans. « La campagne est à un tournant », assure Bayrou. Les sondages du jour le créditent à nouveau de scores à deux chiffres, de 11 à 13 % d'intentions de vote.
« Cela vient de loin. C'est comme une boule de neige. Les Français cherchaient une alternative crédible au duo Royal-Sarkozy, ils commencent à voir que je peux l'incarner », renchérit- il. Pour le moment, dit-il, ce sont les électeurs du centre gauche, les baisses de régimes de Ségolène Royal qui nourrissent les hausses de Bayrou. Mais l'affaire des RG est « de nature à troubler quelques électeurs de Sarkozy », calcule-t-il.
« Je suis plus gaulliste que lui », clame le centriste. Au milieu du déjeuner, un ami l'appelle, et lui annonce qu'un de ses chevaux a gagné une course. L'éleveur Bayrou s'en félicite. De là à y voir un signe...
