De nets désaccords se sont exprimés, mardi 24 octobre, entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, lors de leur deuxième débat télévisé. Les confrontations ont concerné des mesures avancées par Mme Royal, qui ont déjà fait polémiques les semaines passées. Pour cette deuxième prestation commune, consacrée aux questions de société, les trois présidentiables socialistes se sont tout de même retrouvés sur l'essentiel, notamment la défense de la laïcité, la politique de la ville, le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, l'immigration et la prévention en matière de sécurité.
"JURYS CITOYENS" ET CARTE SCOLAIRE
Si le deuxième débat a paru plus vif que le premier, c'est parce qu'il a démarré par une joute sur les "jurys citoyens" prônés dimanche par Ségolène Royal. Premier à parler, Laurent Fabius a vertement critiqué ces instruments d'évaluation des politiques dont Mme Royal veut faire une arme de "la démocratie participative". Selon l'ex-premier ministre, "mettre sous surveillance les élus, c'est introduire une méfiance qu'ils ne méritent absolument pas". Il faut "surtout ne pas épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite", a-t-il mis en garde.
Ségolène Royal a répliqué avec véhémence. "Tout ne va pas bien dans la France d'aujourd'hui", a-t-elle lancé, reprochant indirectement à ses contradicteurs de ne pas mesurer l'ampleur de la "crise démocratique". "Si je suis élue, je réunirai des jurys citoyens", a-t-elle affirmé, préconisant l'ouverture de conseils des ministres aux citoyens.
Dominique Strauss-Kahn, lui aussi, a tenté de lui opposer le calme d'un homme d'Etat. "Il n'y a pas besoin d'élever la voix", a-t-il glissé, avant de contester le mot "jury", "assez mal choisi". Selon lui, la crise en France est "avant tout une crise sociale" et il faut "refonder la République". Le député du Val-d'Oise a critiqué le concept d'"ordre juste" de Mme Royal.
"L'ordre ne peut pas à lui seul constituer un projet politique de gauche", a-t-il lancé. "Je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable", a répondu Mme Royal, haussant le ton.
Elle a revendiqué, à nouveau, un assouplissement de la carte scolaire, condition d'"une certaine mixité". Pour M. Strauss-Kahn, il vaut mieux mettre "le paquet" dans les écoles des zones difficiles, avec "quinze élèves par classe".
"CAMPS HUMANITAIRES ENCADRÉS PAR L'ARMÉE"
Si tous trois se sont dits d'accord avec le mariage et l'adoption homosexuels, des conceptions différentes de la famille se sont exprimées.
Mme Royal a insisté sur "les fondamentaux de la famille : protection, éducation, amour, transmission des interdits". "L'éducation est la base de tout", a-t-elle dit. M. Fabius s'est voulu libéral : "La droite aime la famille, la gauche aime et soutient les familles."
Sur la sécurité, la présidente de Poitou-Charentes a accusé le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, d'être responsable d'"un système de production de masse de la délinquance". Elle a proposé l'envoi de jeunes délinquants dans des "camps humanitaires encadrés par l'armée" comme "alternative à la prison". Sur ce point aussi, "je tiendrai bon", a-t-elle insisté.
Tout aussi têtu, Laurent Fabius a dit "non" à cette solution, car "les militaires ont autre chose à faire". "J'ai cru comprendre que maintenant, c'est l'encadrement humanitaire", a-t-il ironisé. Même chose pour M. Strauss-Kahn : "Je ne peux pas partager ce qui a été dit sur un encadrement militaire."
Le débat a été plus consensuel sur la laïcité, qualifiée "essentielle", et les banlieues. Enfin, contrairement à ce qui était prévu, il n'a pas été question d'environnement.
Finalement le PS s'effondre, les candidatures ne valent pas mieux les unes que les autres. La seule interrogation qu'ils se posent, c'est : Qui sera le candidat ?????
Pas de question sur l'environnement, un débat sclérosé, bref un vrai PS ! ! ! !